Il n’y a rien de plus gratifiant que de sortir du four une plaque de viennoiseries dorées à l’or fin. Ces roulés à la crème ne sont pas de simples gâteaux : ce sont des petits bijoux de gourmandise. Contrairement aux brioches classiques qui peuvent parfois manquer de gourmandise seule, ici, la crème pâtissière joue un rôle d’hydratant naturel.
Elle nourrit la mie de l’intérieur, garantissant un moelleux incomparable qui dure dans le temps. Le chocolat, lui, n’est pas une option : c’est la colonne vertébrale du goût, apportant l’amertume nécessaire pour contrebalancer la douceur de la crème. C’est le petit-déjeuner du dimanche par excellence, celui qui prend un peu de temps mais qui récompense la patience par une explosion de saveurs.
Harmonie de textures et de saveurs
Ce dessert (ou goûter) est une véritable architecture sensorielle. Tout commence par la mâche de la brioche. Elle doit être filante, légère comme un coton, avec une croûte extérieure extrêmement fine et souple. Si la croûte est dure, c’est raté. Ensuite, on rencontre le cœur fondant. La crème pâtissière a figé à la cuisson pour devenir un velours vanillé. Elle ne coule pas, elle nappe la langue. Enfin, l’éclat du chocolat. Les pépites, emprisonnées dans la spirale, doivent apporter ce “snap” caractéristique sous la dent avant de fondre. Le contraste entre la pâte tiède et le chocolat intense est la clé du succès.
Pourquoi cette version fonctionne si bien
Cette recette s’éloigne des versions “express” pour revenir aux fondamentaux de la boulangerie.
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Le respect des pousses : Nous laissons le temps à la levure de travailler les arômes. Pas de levée forcée au four chaud, mais une fermentation maîtrisée qui développe le goût de froment.
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La stabilité de la crème : Beaucoup de recettes amateurs utilisent une crème trop liquide qui détrempe la pâte. Ici, nous “collons” la crème avec un dosage précis de fécule pour qu’elle tienne la roulade sans s’échapper.
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Le sirop de lustrage : C’est le secret des pros. À la sortie du four, on badigeonne un sirop de sucre. Cela ne sert pas qu’à faire briller : cela imperméabilise la viennoiserie et emprisonne l’humidité à l’intérieur pour éviter le dessèchement.

Temps & organisation
La viennoiserie est une école de patience. Ne cherchez pas à aller plus vite que la levure.
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Temps de préparation active : 45 minutes.
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Temps de repos (pointage et apprêt) : 2h30 à 3h00 cumulés.
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Temps de cuisson : 15 à 18 minutes.
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Organisation du chef : Commencez impérativement par la crème pâtissière, car elle doit être parfaitement froide au moment du montage. Vous pouvez même la réaliser la veille. Ensuite, lancez la pâte. Le montage et la cuisson se font dans la foulée.
Matériel
Pour un résultat digne d’une boutique :
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Un robot pâtissier avec le crochet (pétrir à la main est possible mais demande beaucoup d’énergie pour une brioche).
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Un rouleau à pâtisserie.
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Une plaque de cuisson perforée (idéale) ou standard.
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Du papier sulfurisé ou un tapis en silicone.
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Un fouet et une casserole (pour la crème).
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Un pinceau alimentaire.
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Un couteau bien aiguisé ou du fil dentaire (pour la découpe des tronçons).
Ingrédients (pour 8 à 10 gros roulés)
La Pâte à Brioche
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500 g de farine de type 45
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200 ml de lait entier
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2 œufs entiers
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80 g de sucre en poudre
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100 g de beurre doux
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20 g de levure de boulanger fraîche
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8 g de sel fin
La Crème Pâtissière
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500 ml de lait entier
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4 jaunes d’œufs
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100 g de sucre en poudre
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45 g de fécule de maïs
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1 gousse de vanille
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30 g de beurre
Garniture et Finition
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150 g de pépites de chocolat noir
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1 jaune d’œuf
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1 c. à soupe de lait
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50 g de sucre
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50 ml d’eau
Préparation
1. La Crème Pâtissière (La Base)
Fendez la gousse de vanille en deux, grattez les graines et mettez le tout (graines + gousse) dans une casserole avec le lait. Portez à frémissement. Laissez infuser 10 minutes hors du feu. Dans un cul-de-poule, fouettez énergiquement les jaunes d’œufs avec le sucre jusqu’à ce que le mélange blanchisse. Ajoutez la fécule de maïs et fouettez de nouveau pour obtenir une pâte lisse. Retirez la gousse du lait. Versez le lait chaud en filet sur le mélange aux œufs tout en fouettant pour tempérer l’appareil. Reversez le tout dans la casserole. Faites cuire à feu moyen sans jamais cesser de fouetter. La crème va épaissir. Dès l’ébullition (les premiers “plops”), continuez de fouetter 1 minute pour cuire la fécule. Hors du feu, incorporez les 30g de beurre pour lisser la texture. Débarrassez dans un plat large (pour refroidir vite), filmez au contact (le film plastique touche la crème) et placez au réfrigérateur jusqu’à refroidissement complet.
2. Le Pétrissage de la Brioche

Dans la cuve du robot, émiettez la levure fraîche. Ajoutez la farine par-dessus (pour isoler la levure), puis le sucre et le sel dans des coins opposés. Versez le lait tiède (environ 25-30°C, pas plus !) et les œufs. Pétrissez à vitesse lente pendant 4 minutes pour amalgamer les ingrédients (le frasage). Passez à vitesse moyenne et pétrissez 6 à 8 minutes. La pâte va prendre du corps (le réseau glutineux). Ajoutez le beurre mou coupé en dés petit à petit, toujours en pétrissant. Continuez le pétrissage jusqu’à ce que la pâte se décolle des parois de la cuve et claque légèrement. Elle doit être lisse et brillante. Couvrez la cuve d’un linge propre et laissez lever (pointer) pendant 1h30 dans un endroit tiède et sans courant d’air. La pâte doit doubler de volume.
3. Le Façonnage et le Roulage
Une fois la pâte levée, dégazez-la (écrasez-la avec le poing pour chasser l’air). Farinez légèrement votre plan de travail. Abaissez (étalez) la pâte au rouleau pour former un grand rectangle d’environ 4 à 5 mm d’épaisseur. Essayez d’être régulier. Sortez votre crème pâtissière du frigo. Fouettez-la vigoureusement pour la détendre et la rendre onctueuse. Étalez la crème sur toute la surface du rectangle de pâte, en laissant une marge de 2 cm sur le bord supérieur (le plus éloigné de vous). Parsemez généreusement et uniformément les pépites de chocolat sur la crème. Commencez à rouler la pâte en partant du bas (côté proche de vous), en serrant modérément, pour former un long boudin. Badigeonnez la marge vierge avec un peu d’eau pour souder le boudin à la fin du roulage. Placez le boudin au congélateur 10 à 15 minutes. Astuce de chef : Cela va durcir la pâte et la crème, permettant une découpe nette sans écraser les roulés.
4. La Découpe et la Seconde Pousse
Sortez le boudin froid. À l’aide d’un couteau scie ou d’un fil, coupez des tronçons d’environ 3 à 4 cm de large. Disposez-les sur la plaque recouverte de papier cuisson. Espacez-les bien, car ils vont gonfler ! Laissez lever une seconde fois (l’apprêt) pendant 45 minutes à 1 heure. Ils doivent visiblement gonfler et la pâte doit être souple au toucher.
5. Cuisson et Lustrage
Préchauffez votre four à 180°C. Mélangez le jaune d’œuf et la cuillère de lait. Dorez délicatement les roulés au pinceau (sans appuyer pour ne pas les faire retomber). Enfournez pour 15 à 18 minutes. Ils doivent être bien dorés. Pendant la cuisson, préparez le sirop : portez à ébullition l’eau et le sucre dans une petite casserole juste le temps que le sucre fonde. Dès la sortie du four, badigeonnez les roulés brûlants avec le sirop. Vous allez entendre le petit grésillement du sucre qui fige : c’est le son de la gourmandise.
Comment servir
Laissez tiédir sur une grille avant de déguster. Attention, la crème reste très chaude longtemps à l’intérieur ! Ces roulés sont parfaits tels quels, mais pour un petit-déjeuner royal, servez-les avec un cappuccino bien mousseux. Si vous recevez, vous pouvez les saupoudrer d’un tout petit peu de sucre glace tamisé juste avant le service pour l’élégance, même si le brillant du sirop se suffit à lui-même.
Textures & saveurs
La première sensation est le collant sucré du sirop sur les lèvres, suivi immédiatement par le moelleux beurré de la pâte. Contrairement à un pain au chocolat feuilleté qui croustille et s’émiette, ici, on est dans le confort, le “soft”. La crème vanillée apporte une fraîcheur onctueuse qui enrobe le palais, brisée par le croquant amer du chocolat noir. C’est un équilibre parfait entre le sucre, le gras et l’amertume.
Conseils de chef
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Le fil dentaire pour la découpe : Si vous n’avez pas de couteau parfaitement aiguisé, utilisez du fil dentaire (non mentholé !) ou du fil de cuisine. Passez le fil sous le boudin, croisez au-dessus et tirez sec. Cela coupe la pâte sans écraser la forme ronde, contrairement à la pression d’une lame émoussée.
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La température du four : Surveillez la coloration. Si ça brunit trop vite, baissez à 170°C. Une brioche brûlée devient amère. La cuisson doit être douce et profonde pour cuire le cœur (la pâte sous la crème) sans carboniser l’extérieur.
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Le choix du chocolat : Évitez le chocolat au lait qui apporte trop de sucre en plus de la crème. Un chocolat noir à 55% ou 60% est idéal pour donner du relief au goût.
Variantes
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Aux Raisins (Pain aux Raisins style) : Remplacez le chocolat par des raisins secs blonds préalablement macérés dans un sirop léger ou un peu de rhum ambré.
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Version Agrumes : Ajoutez des zestes d’orange finement râpés dans la crème pâtissière et remplacez les pépites de chocolat par des cubes d’orange confite.
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Pralines Roses : Pour une touche lyonnaise, concassez des pralines roses à la place du chocolat. La couleur rouge dans la spirale est magnifique.
Conservation & service
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Conservation : La brioche sèche vite. Ces roulés sont divins le jour même. Si vous devez les garder, mettez-les dans une boîte hermétique (type Tupperware) dès qu’ils sont refroidis. Ils tiennent 24 à 48 heures.
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Réchauffage : Si ils ont durci le lendemain, ne les mangez pas froids ! Passez-les 20 secondes au micro-ondes (pour le moelleux) ou 3 minutes au four chaud (pour le croustillant). La chaleur réveille le beurre et fond le chocolat.
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Congélation : Vous pouvez congeler les roulés cuits. Pour les déguster, laissez-les décongeler à température ambiante puis passez-les au four quelques minutes.
FAQ
1. Ma brioche ne lève pas, que faire ? Vérifiez deux choses : la date de votre levure (elle meurt si elle est périmée) et la température de votre lait. Si le lait était au-dessus de 45°C, vous avez tué la levure. Il faut recommencer. Si la pièce est froide, soyez patient, la pousse peut prendre plus de temps.
2. Ma crème pâtissière est trop liquide à la découpe. Vous avez probablement manqué de cuisson de la fécule (il faut bien faire bouillir la crème) ou vous n’avez pas mis assez de fécule. Une autre raison : vous l’avez étalée encore tiède sur la pâte, ce qui a empêché la bonne tenue.
3. Puis-je préparer la pâte la veille ? Oui, c’est même mieux ! Faites le pétrissage la veille, laissez pointer 30 minutes à température ambiante, puis mettez la boule de pâte au frigo toute la nuit. Le lendemain, la pâte sera froide et très facile à étaler et façonner. Laissez juste le temps de seconde pousse (apprêt) un peu plus long.
4. Pourquoi mettre du sirop à la fin ? C’est la signature “boulangerie”. Le sirop apporte de la brillance (le “shining”), mais surtout, il garde l’humidité à l’intérieur de la brioche, agissant comme un film protecteur comestible. Sans lui, la croûte ternit et sèche plus vite.
5. Peut-on utiliser de la levure chimique ? Non, jamais pour une brioche. La levure chimique (poudre à lever) est pour les cakes et les madeleines. Ici, nous avons besoin d’une fermentation biologique (levure de boulanger) pour développer la texture mie de pain et les arômes.
Conclusion de la recette
Ces Roulés Briochés à la crème et au chocolat sont l’essence même de la gourmandise casanière. Réussir cette recette, c’est maîtriser les bases de la viennoiserie : la gestion de la pâte levée et la cuisson de la crème. Le résultat visuel est bluffant et le goût surpasse de loin les versions industrielles sous plastique. Offrez-vous ce luxe du “fait-maison” pour votre prochain brunch, vous ne le regretterez pas ! À vos rouleaux !
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